Question 12
Les cadeaux, les anniversaires : comment sortir de la surenchère ?
Remplacez l’objet par une expérience et le problème disparaît de lui-même. Ce n’est pas une question de valeur ni de morale : à deux ans de distance, un enfant se souvient de ce qu’il a vécu et a oublié ce qu’il a déballé. Le test est vérifiable chez vous.
Ce qu’on fait concrètement
Proposez-lui de commander une expérience plutôt que des cadeaux.
Formulé comme un choix qui lui revient, ce n’est pas une privation mais une promotion. Il choisit, donc il s’y engage.
Vérifiez vous-même dans deux ans ce dont il parle encore.
C’est la seule preuve qui vaille, et elle vous dispensera de convaincre la famille par des arguments.
On rembobine - 17 novembre 2019
Extrait de Hors Programme, ma newsletter hebdomadaire sur l’école et ce qui l’attend, écrite de 2017 à 2021 - n° 46, « Pour leur anniversaire 🎂 ».
Les cadeaux sont un bon point de départ. Lors des prochaines fêtes de Noël ou d’un anniversaire, proposez à votre enfant de commander une expérience plutôt que des cadeaux. Je l’ai fait avec mon fils aîné, qui s’est envolé en parapente au-dessus de la dune du Pilat. Résultat : avec deux ans de recul, il se souvient de son expérience mais pas des cadeaux qu’il reçut l’année précédente.
Sept ans après, l’expérience a été refaite plusieurs fois avec le même résultat. C’est l’un des rares conseils de cette archive que j’ai pu vérifier dans la durée, et le seul qui ne demande aucune vigilance quotidienne : il se décide une fois par an.
Aller plus loin
J’en parle dans ces newsletters - l’objet contre l’expérience.
n° 46 - Pour leur anniversaire 🎂17 novembre 2019
Hors Programme - Pour leur anniversaire 🎂- Numéro #46
Bonjour à tous,
Merci à tous pour vos réactions à la lettre de la semaine dernière. Je suis heureux que le sujet vous parle.
J'ai néanmoins réalisé cette semaine que je n'étais pas allé au bout de ma réflexion. Qu'au final ma conclusion n'était pas satisfaisante en l'état. J'en ai depuis trouvé une, avec en prime une petite expérience que je vous propose de faire avec vos enfants.
Une question de confort ?
La semaine dernière je confiais ma crainte que nos enfants ne voient leur confort diminuer dans un monde qui, à l'avenir, devra se serrer la ceinture et se contenter des ressources dont il dispose.
Cela implique d'apprendre à se contenter de peu, certes. Mais le plus important est ailleurs : dans la revalorisation nécéssaire de l'expérience par rapport aux biens matériels, de l'être par rapport à l'avoir. Finalement la crise du modèle consumériste est bien l'occasion de refaire un point, en famille et à commencer par nous-mêmes, sur ce qui rend vivant et heureux, sur ce qui pour nous a de la valeur. De relativiser les petits plaisirs qui saturent notre quotidien, et d'aller plutôt chercher des expériences qui donnent à nos vies plus de couleurs et de profondeur.
Comment faire passer cela à nos enfants, autrement que par un discours plus ou moins moralisateur, inaudible ?
Les plus beaux cadeaux 🎁
Les cadeaux sont un bon point de départ. Lors des prochaines fêtes de Noel ou d'un anniversaire, proposez à votre enfant de commander une expérience plutôt que des cadeaux. Je l'ai fait avec mon fils ainé, qui s'est envolé en parapente au dessus de la dune du pilat. Résultat : avec deux ans de recul, il se souvient de son expérience mais pas des cadeaux qu'il reçut l'année précédente.
Seuls les souvenirs restent, surtout s'ils sont partagés. Votre enfant préférera-t-il les petits bonheurs qui durent ou à ceux qui s'envolent ? Vous pouvez lui poser la question ainsi. La réponse sera toute trouvée.
De quoi papoter à la sortie des classes
📱Aux Etats-Unis, les parents contre-attaquent pour reculer l'âge d'obtention du téléphone par leurs enfants. Et les chercheurs de leur côté poursuivent leur études sur les effets des écrans.
🌳 Le Magazine Elle consacre un très beau papier à “L'enfant dans la nature” et une jolie école dans les bois non loin de Quimper. En voici un extrait, il est toujours en kiosque.
Bon dimanche à tous,
Matthieu
Avez-vous aimé ce numéro ?
Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.
Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.
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n° 45 - Une vie confortable 🍹10 novembre 2019
Hors Programme - Une vie confortable 🍹 - Numéro #45
Bonjour à tous,
Aujourd'hui je voudrais partager avec vous une expérience à laquelle nous sommes tous confrontés en tant que parents, parfois plusieurs fois par jour : celle de devoir dire “non” à nos enfants.
Je réalise que nous pouvons dire “non” pour des raisons anciennes (les mêmes que celles utilisées par nos parents), mais aussi - et c'est nouveau - des raisons futures.
Une simple crêpe...
Un soir à 20h, mon fils me demande de lui donner l'une des deux crêpes qui restent pour moi. Je refuse. Il est tard, et il en a déjà eu plusieurs. S'en suit une crise énorme. Cris, larmes, etc.
Dans ces cas là, les arguments sont souvent les mêmes : on ne peut pas avoir toujours ce que l'on veut. C'est le meilleur moyen pour n'être satisfait de rien. Je préfère lui dis-je, qu'il ait des besoins raisonnables, voire même minimes, et qu'il se contente d'un rien. Si ce principe est ancien, deux lectures ces temps-ci apportent sur lui un éclairage nouveau.
Dans la forêt, de Jean Hegland raconte la vie de deux jeunes filles qui se retrouvent livrées à elles-mêmes dans une cabane de forêt, après une catastrophe dont on ne saura rien. L'une des deux se remémore leurs joies d'antan, et décrit les conditions très précaires dans lesquelles elles vivent. D'où ma question : ne faudrait-il pas calibrer les besoins de nos enfants de telle sorte qu'ils ne regrettent pas plus tard le grand confort dans lequel ils vivaient, durant leurs jeunes années ?
Cela implique bien sûr que la catastrophe soit sûre, ou du moins que l'on soit condamné à voir avec le temps notre confort matériel et celui de nos enfants se dégrader. A la lecture de Pierre-Henri Castel, il paraît difficile de ne pas le croire. “C'est le fonctionnement même de la civilisation, écrit-il dans "Le mal qui vient”, voire les moyens de sa prospérité pacifique qui semblent conspirer à sa propre autodestruction…“. Les chiffres lui donnent raison, et donnent à ce qu'il appelle "les temps de la fin” un caractère presque logique et nécéssaire.
Dans le doute sur ce que nous réserve l'avenir, que faire ? Offrir le meilleur à nos enfants, quitte à ce que leur enfance leur paraisse avec le recul comme un rêve révolu, ou les préparer à une vie d'emblée plus simple et à un confort plus sommaire ? Je n'ai moi-même pas répondu à cette question. Ou à la marge peut-être, en concevant les vacances comme le moyen d'explorer d'autres manières de vivre. Partir ailleurs pour explorer un avenir possible.
Bon week-end à tous,
Matthieu
Avez-vous aimé ce numéro ?
Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.
Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.
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