FAM IA

Question 04

Comment éviter qu’il produise - et avale - du contenu sans valeur ?

Le mot à surveiller est « engagement ». Il vient du marketing, il mesure le temps passé et rien d’autre, et il s’est installé jusque dans les outils scolaires - où il se fait passer pour de la concentration alors qu’il en est le contraire exact.

Ce qu’on fait concrètement

On rembobine - 13 octobre 2019

Extrait de Hors Programme, ma newsletter hebdomadaire sur l’école et ce qui l’attend, écrite de 2017 à 2021 - n° 41, « Maximiser l'engagement 🤪 ».

Ce qui me gêne avec ce terme d’ "engagement", c’est qu’il vient du marketing. À la suite des media sociaux, les acteurs EdTech s’en sont emparé comme si l’engagement était nécessairement bon en soi, qu’il était synonyme de concentration. Comme si également ils pouvaient s’inspirer des mêmes outils et ressorts que les média sociaux.

Six ans plus tard, l’industrie a changé d’outil sans changer d’objectif. Les contenus produits en masse par IA ne visent pas à être lus mais à occuper - c’est le même ressort, avec un coût de production tombé à zéro. Savoir nommer ce ressort reste la meilleure protection qu’on puisse transmettre.

À lire, à voir

Aller plus loin

J’en parle dans ces newsletters - l’attention devenue marchandise.

n° 41 - Maximiser l'engagement 🤪13 octobre 2019

Hors Programme - Maximiser l'engagement 🤪 - Numéro #41

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, on parle engagement. Je sais, c'est dur un dimanche matin, en même temps vous êtes sur votre téléphone, prêt à être “engagés” comme disent les marketeurs.

Des enfants engagés

Dans ma veille sur les solutions EdTech, je croise parfois des solutions qui visent à “maximiser l'engagement des élèves”, comprendre : retenir leur attention. Il suffit d'aller faire un tour sur EdSurge pour constater que le sujet revient régulièrement. L'enjeu n'est pas juste de retenir l'attention, mais de la mesurer et l'augmenter.

Ce qui me gêne avec ce terme d’ “engagement”, c'est qu'il vient du marketing. A la suite des media sociaux, les acteurs EdTech s'en sont emparé comme si l'engagement était nécessairement bon en soit, qu'il était synonyme de concentration. Comme si également ils pouvaient s'inspirer des mêmes outils et ressorts que les média sociaux.

Un article consacré dans le New Yorker à Tik Tok (décidément mon obsession du moment) permet à mon sens de faire la différence. Il revient sur la manière dont la plateforme engage les pré-ados, et et fait remarquer que l'algorithme connaît tellement bien les utilisateurs, qu'il finit par décider pour eux de ce qu'ils voient et font. Tik Tok engage tellement bien qu'il décide pour ses utilisateurs, qui sont engagés, plus qu'ils ne s'engagent. C'est ainsi qu'au final, ces grands enfants s'aliènent, comme le décrivent en détail Yuval Harari et bien d'autres auteurs cités “Préparons nos enfants à demain”.

Il me semble que l'engagement est de nature passive, là où la concentration est de nature active. L'enfant engagé suit un programme qu'il n'a pas choisi, là où l'enfant concentré choisit un programme, qu'il suit.

L'enjeux, à travers les méthodes d'apprentissage, n'est pas seulement l'apprentissage de connaissances, mais aussi celui de la liberté. Ne l'oublions pas.

De quoi papoter à la sortie des classes

💡Le design thinking, la méthodologie qui permet à chacun de comprendre et d'identifier des problèmes pour ensuite imaginer, tester et valider des solutions, se généralise dans les salles de classes. Du moins aux Etats-Unis. A lire cet article intéressant dans le Washington post. De nombreuses écoles élémentaires en France pratiquent les conseils de classes, où les élèves évoquent des problèmes et tentent des les résoudre. Une telle approche pourrait venir enrichir les échanges et serait utile aux élèves par la suite dans leur scolarité et leur vie.

👨‍👩‍👧‍👧 Je discutais récemment avec Clémentine Sarlat du podcast Matrescence, qui me demandait ce que pouvaient faire les parents pour rendre la nature plus présente dans les écoles. Je pense que sur de nombreux sujets, seuls les parents peuvent faire bouger les choses, quand l'administration et/ou les élus font l'autruche. En témoigne cette histoire déjà ancienne mais qui gagne à être plus connue : comment des parents à Bordeaux sont parvenus à faire interdire la vaisselle en plastique dans les cantines municipales.

🌳 Toujours à propos de la nature, Moina Fauchier Delavigne revient sur la nécéssaire place de la nature dans la vie de nos enfants sur TV5. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter le site dédié au livre.

Bon dimanche à tous,

Matthieu

Avez-vous aimé ce numéro ?

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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n° 44 - Plein les yeux 😍3 novembre 2019

Hors Programme - Plein les yeux 😍 - Numéro #44

Bonjour à tous,

J'ai été amusé de voir que la lettre dimanche dernier ne vous laissait pas indifférents. Au final, une personne s'est manifestée pour applaudir la mention d'Ulysse (un féru de littérature Franco-grec, cela compte-t-il vraiment !), et deux pour dénoncer l'injuste sort fait à Astérix. Il fallait croire qu'en matière de BD, je n'avais pas eu de passeur. Fair enough.

Cette semaine, je reviens donc sur 3 choses qui me paraissent intéressantes à explorer dans la BD : la créativité, la réflexion et la poésie. 3 choses qui, loin d'être éloignées de l'objet de cette lettre, rappellent à quel point la littérature graphique elle aussi, peut apprendre à nos enfants à penser par eux-mêmes, autrement que comme des machines (voir mon petit manuel sur ce point).

Quelques images et conseils de lecture

Il ne faut pas attendre longtemps pour qu'un enfant, qu'il lise Astérix ou autre, se mette lui aussi à créer des bandes dessinées en utilisant les mêmes codes. Les saynètes se succèdent d'une case à l'autre, et avant même que l'on y prenne garde des pages entières sont remplies d'histoires. La vitesse à laquelle ils s'approprient ces codes me fascine. Mais étant un éternel insatisfait, et aimant les BD qui va plus loin, j'aime aussi partager des romans graphiques qui s'émancipent de ces grilles. Le premier exemple qui me vient en tête est Chris Ware, même si ses graphic novels ne sont pas tous montrables à des enfants, de grandes parties de Jimmy Corrigan par exemple, le sont.

Que se passe-t-il dans cette image ?

Plus proche de nous et dans un tout autre registre, je vous conseille la lecture de Des Vermeilles, de Camille Jourdy. Un album riche et j'ai envie de dire luxuriant, tant il recèle de personnages et de motifs originaux, mis en scène de façon très libre. Le genre d'oeuvres dans laquelle on a envie de se perdre encore et encore avec ses enfants, pour en explorer tous les recoins.

Le monde onirique des Vermeilles

Je poursuis sur mes découvertes récentes, pour stimuler à présent les réflexions de vos chers bambins. A la recherche de bandes dessinées s'adressant à la fois aux enfants et aux parents, je suis tombé sur cet album, qui m'a d'emblée frappé par son ambition et en même temps sa légèreté. La première phrase de présentation dit tout : “Le petit monde de l'ours Tulipe continue de s’agiter à la surface de la terre. Comment faire pour affronter l’existence et ses affres ?”

Un livre de réflexion

Se succèdent des conversations courtes, drôles et spirituelles, qui à leur manière font réfléchir aux grandes questions de l'existence. Si votre enfant vous demande quel est le sens de la vie et que vous êtes à court de réponses, ou que vous commencez à l'ennuyer, achetez ce livre !

Enfin, je finis avec la poésie, car c'est ce que je cherche avant tout dans une bande dessinée. Ce que j'aime, ce sont les grands silences, quand le cadre s'ouvre pour rendre compte du paysage. On change d'échelle, les personnages deviennent des figurines, il n'y a plus de mots, plus d'actions. On respire et on contemple. Bien sûr on songe à Chris Ware, mais aussi à Adrian Tomine, dont certains albums ne sont qu'une succession de moments. New York Drawings en est un bel exemple. Je vous conseille de faire un tour sur son site. La bande dessinée, cela peut être aussi cela.

Temps suspendu

Mon idée fixe, toujours, est de donner à voir aux enfants l'ensemble des possibles. C'est vrai pour la BD comme pour le reste.

Bon dimanche à tous,

Matthieu

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Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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