FAM IA

Question 05

Sera-t-il celui qui pilote l’IA, ou celui qu’elle remplace ?

La compétence qui départage les deux n’est pas technique. C’est de savoir formuler ce qu’on veut - définir un problème avant de chercher une solution. C’est aussi, très exactement, ce que l’école n’enseigne pas, parce qu’elle distribue des énoncés déjà formulés.

Ce qu’on fait concrètement

On rembobine - 28 octobre 2018

Extrait de Hors Programme, ma newsletter hebdomadaire sur l’école et ce qui l’attend, écrite de 2017 à 2021 - n° 11, « Comment la culture Startup s'invite à l'école 😎 ».

En tant qu’entrepreneur, je suis frappé du fossé existant entre les méthodes de travail que j’utilise en startup, et celles enseignées par l’école. Souvent, elles sont antithétiques : collaboration, conformisme, rapport à l’erreur mais aussi à la solution, les points de différences sont profonds. Il ne faut donc pas s’étonner de voir certains entrepreneurs repenser l’école à partir de la culture et des méthodes enseignées dans les meilleures startups.

Ces entrepreneurs n’ont finalement pas repensé l’école : ils ont construit le professeur particulier qui la contourne. Le fossé, lui, n’a pas bougé - et il s’est même élargi, puisque la machine excelle désormais dans ce que l’école note et reste muette sur ce qu’elle n’enseigne pas.

Aller plus loin

J’en parle dans ces newsletters - l’écart entre ce que l’école note et ce que le monde demande.

n° 11 - Comment la culture Startup s'invite à l'école 😎28 octobre 2018

Hors Programme - Comment la culture Startup s'invite à l'école 😎 #11

Bonjour à tous,

En tant qu’entrepreneur, je suis frappé du fossé existant entre les méthodes de travail que j'utilise en startup, et celles enseignées par l’école. Souvent, elles sont antithétiques : collaboration, conformisme, rapport à l’erreur mais aussi à la solution, les points de différences sont profonds. Il ne faut donc pas s'étonner de voir certains entrepreneurs repenser l’école à partir de la culture et des méthodes enseignées dans les meilleures startups.

C’est le sujet sur lequel je reviens dans cet extrait.

📖 Extrait

Quand le design thinking s’invite en classe

Le terme ne vous dit peut-être rien, à moins que vous ne travailliez dans le digital ou dans l’innovation. Le design thinking vise à imaginer ensemble des solutions pour répondre à des besoins utilisateurs. C’est une méthode de résolution des problèmes de plus en plus utilisée dans le monde de l’entreprise, qui fait la part belle à l’écoute, la collaboration, la créativité et l’approche itérative. Elle comporte plusieurs étapes : observer, définir (le besoin), imaginer, prototyper et tester.

Ce n’est pas un hasard si cette méthode, imaginée et activement promue par les acteurs de la Silicon Valley, est d’ores et déjà appliquée dans certaines écoles californiennes. Stanford y contribue activement. L’une de ces écoles est celle fondée par Salman Khan, le Lab School, à Mountain View. À première vue, l’école est un mélange étrange entre une école démocratique et un département de Google : une partie du temps des enfants est consacrée à discuter de l’école elle-même, pour aménager un nouvel espace de rangement, imaginer de nouveaux menus ou encore définir comment accueillir les prochains élèves. Face à chaque problème, les élèves s’inspirent du design thinking. Ils définissent, imaginent, prototypent et itèrent. À la dimension participative de l’exercice, s’ajoute une dimension à la fois plus précise, créative et concrète. Tout indique néanmoins que le Lab School peine encore à trouver son équilibre entre les tâches qui relèvent de l’autogestion et des activités plus académiques telles que la lecture ou les mathématiques. Néanmoins, il est intéressant de voir à quel point cette méthode peut enrichir des pratiques déjà existantes en classe, ou à la maison. A chaque parent de se l'approprier !

Matthieu

Avez-vous aimé ce numéro ?

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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n° 43 - ⛵️Ulysse VS Astérix 🏺27 octobre 2019

Hors Programme - ⛵️Ulysse VS Astérix 🏺 - Numéro #43

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, on remonte dans le temps. On parle un peu de littérature, et surtout du rapport que peuvent entretenir nos enfants avec elle.

L'histoire de Circé

La belle Circé

Arthur, mon fils ainé, commence à lire avec avidité. Bien sûr cela me fait plaisir. Mais pour être franc, une chose me contrarie. Ces lectures se concentrent sur les bandes dessinées que je lisais quand j'étais petits. Les stroumpfs, un peu Tintin et surtout Astérix. Des lectures dont aujourd'hui il ne me reste strictement rien. Ne pourrait-il pas se concentrer sur des textes moins divertissants, plus beaux et inspirants, me demandais-je - un brin impatient ?

Il y a quelques semaines, résolu à proposer une alternative, je trouvais à la bibliothèque un beau volume des aventures d'Ulysse, adaptées en livre d'enfant. Les semaines suivantes, Arthur ne le touchait pas une seule fois.

Un samedi, je retombais sur les aventures d'Ulysse et me lançait dans une longue lecture à Arthur et son petit frère. Pour m'assurer que j'avais toute leur attention, je m'appliquais dans la lecture, et tâchait de faire honneur à la belle adaptation du livre que j'avais entre les mains.

Au fil de l'eau, je parvins à capter leur attention, jusqu'au moment où nous en vinrent à l'histoire de Circé, la magicienne, qui s'éprend d'Ulysse. Ce dernier passe avec ses hommes une année sur l'île, puis songe à Ithaque qui lui manque, et décide finalement d'y retourner. “Rien ne sert de retenir un homme qui veut partir”, dit alors en substance Circé. “Il est déjà absent”. A la lecture de ce passage, je suis frappé par la sagesse de ces mots Je les répète pour en faire entendre la musique. Et tâche d'en expliquer le sens aux enfants, en leur donnant quelques autres exemples.

En quelques mots, voilà la littérature toute entière résumée : une musique qui résonne (raisonne) en nous, après qu'elle se soit tue. Il fallait, pour leur faire découvrir cela, que je tienne mon rôle de passeur. Que - loin de juger Astérix, j'aide Ulysse à entrer et s'exprimer. Que j'aide à leur montrer qu'il pouvait, contrairement à Astérix, être un compagnon durable.

Bien sûr, cette lecture ne changea rien au fait qu'Arthur continue à dévorer des Astérix. Mais je compris qu'il n'appartenait qu'à moi de servir de passeur, et de réitérer cette expérience autant de fois que possible.

Je dois à une enseignante de m'avoir fait aimé la littérature. C'est la seule matière que j'aimais à l'école, passionnément. Il me semble aujourd'hui que c'est à moi - avant tout - de partager cette passion. Pour d'emblée faire en sorte que les enfants voient dans les mots autre chose qu'une source de loisir, l'occasion de réinventer le monde et de mieux le penser.

De quoi papoter à la sortie des classes

🎙 Trés heureux d'avoir pu m'entretenir avec Clémentine Sarlat à propos de l'enfant dans la nature, dans le Podcast La Matrescence. On y parle en détail d'un grand nombre de sujets abordés dans le livre : les besoins des enfants, la manière dont de nombreux pays utilisent la nature pour y répondre, et comment en France des acteurs publics et privés s'emparent du sujet.

📻 A NE PAS RATER : Moina Fauchier-Delavigne, co-auteure de l'Enfant dans la nature, sera invitée aujourd'hui à 17h sur France Culture, pour participer à l'émission Etre et savoir, en compagnie de Julie Delalande, anthropologue de l'enfance. Tous les détails (déjà) ici.

Bon dimanche à tous,

Matthieu

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Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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