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Question 17

Comment protéger son attention quand tout est conçu pour la prendre ?

Ce n’est pas un problème de volonté, et le lui présenter ainsi est le plus sûr moyen de le culpabiliser sans rien changer. Des équipes rémunérées conçoivent des dispositifs pour capter son attention ; le rapport de force est inégal par construction, et se traite par l’environnement plutôt que par le caractère.

Ce qu’on fait concrètement

On rembobine - 12 mai 2019

Extrait de Hors Programme, ma newsletter hebdomadaire sur l’école et ce qui l’attend, écrite de 2017 à 2021 - n° 34, « 💥La 2ème crise💥 ».

Tous deux ont dramatiquement changé en l’espace de quelques décennies, et promettent de changer encore plus à l’avenir. On savait notre génération et la suivante confrontée à une crise climatique sans précédent ; Tristan Harris - cofondateur du Center For Humane Tech - nous apprend qu’elle se double d’une autre crise, engendrée par certains acteurs du digital, et affectant l’homme lui-même.

Mai 2019. La « deuxième crise » a depuis cessé d’être une thèse de conférence : elle est devenue le sujet d’enquêtes parlementaires et de procès. Ce qui n’a pas changé, c’est qu’elle se traite chez soi par l’aménagement, pas par la discipline.

À lire, à voir

Aller plus loin

J’en parle dans ces newsletters - l’attention comme champ de bataille.

n° 34 - 💥La 2ème crise💥12 mai 2019

Hors Programme - 💥La 2ème crise💥 - Numéro #34

Bonjour à tous,

Il y a quelques semaines s'est déroulée une courte conférence de presse, organisée par une ONG que je suis depuis longtemps et qui fait un travail admirable. Son nom “Time Well Spent, rebaptisée il y a peu, ”The Center For Humane Tech“.

Aujourd'hui je reviens brièvement sur l'objet de cette conférence, en expliquant quelle importance elle a selon moi pour nous et nos enfants.

💥Les deux grandes crises💥

Il y a maintenant plus d'un an que j'ai terminé l'écriture de mon livre. Au delà des 4 chapitres consacrés aux compétences, je garde en tête deux grands sujets abordés au début et à la fin, de façon détaillée et parfois passionnée : la nature et le digital. Autrement dit, l'environnement réel et virtuel.

Tous deux ont dramatiquement changé en l'espace de quelques décennies, et promettent de changer encore plus à l'avenir. On savait notre génération et la suivante confrontée à une crise climatique sans précédent, Tristan Harris - co-fondateur du Center For Humane Tech- nous apprend qu'elle se double d'une autre crise, engendrée par certains acteurs du digital, et affectant l'homme lui-même.

“Une humanité dégradée”. C'est la formule qu'il utilise pour marquer les esprits, mais aussi mettre un mot suffisamment fort sur un phénomène pour qu'on en prenne la mesure. Par quoi cette dégradation se traduit-elle ? La perte d'attention, la baisse de notre concentration, la confusion du vrai et du faux, les combats qui étouffent le débat, la polarisation des opinions. Des maux que l'on ne connaît que trop, et qui font - comme le réchauffement climatique - partie de notre quotidien. Raison de plus pour employer les mots forts, et dénoncer un phénomène qui, s'il est connu, n'en est pas moins inacceptable.

🤷🏻‍♀️Que faire ?🤷‍♂️

D'abord on fait confiance au Center for Humane Tech pour être aussi efficace à l'avenir qu'elle l'a été par le passé. C'est à elle qu'on doit notamment le fait que Google et Apple aient mis à disposition une application de mesure du temps d'utilisation de leurs téléphones et des applications qui s'y trouvent, et que Zuckerberg a pris pour bonne résolution d'oeuvrer à ce que les gens passent sur Facebook du temps à bon escient…

On pense ensuite à nos moyens d'action en tant qu'individu (consommateur) et parent - qui sont nombreux. On attend pas grand chose de l'Etat, qui peine déjà à réglementer et encadrer les géants du web, et qui - du point de vue des usages - se fait déborder de toute part, incapable d'avoir une quelconque emprise sur la manière dont les citoyens dorénavant consomment, échangent ou produisent des contenus.

Rien de plus normal, dans une démocratie. Sauf si on utilise une métaphore intéressante, qu'utilise Kara Swisher dans un récent podcast de Recode (que je vous recommande fortement) : celle qui consiste à penser Facebook ou YouTube non pas comme des applications mais comme des villes, où les gens payeraient un loyer sans pour autant bénéficier de services publics comme les hôpitaux, la police, les pompiers ou encore la voirie, etc. L'Etat peut-il laisser de tels espaces s'étendre impunément et consommer une part croissante du temps de nos enfants ?

A son niveau, l'école pourrait et devrait aider les plus jeunes - les citoyens de demain - à se protéger et plus globalement à lutter d'emblée contre cette dégradation. Pas seulement, comme elle le fait déjà, en aidant les élèves à décrypter le vrai du faux et en affutant leur esprit critique, mais également en apprenant aux enfants, dés le plus jeune âge, à résister à ces écrans et aux informations qu'ils produisent. En appliquant les bons conseils qu'Olivier Houdé prodigue dans son livre “Apprendre à résister”. Pour faire en sorte que les enfants - dont le cerveau forcément est plus malléable - ne soient pas demain bien plus dégradés que nous le sommes nous-mêmes (une étude menée pendant une décennie sur plus de 11 000 enfants américains permet de prendre la mesure de cette dégradation - belle et bien effective - du cerveau des enfants).

Si le digital est un outil utile à l'éducation, c'est aussi - comme n'importe quel autre pharmakon - un péril pour qui l'utilise mal ou trop. Cela l'Etat mais aussi et déjà le Ministère de l'Education devrait le comprendre. Saisir la mesure du problème, et agir pendant qu'il en est encore temps.

Bon dimanche à tous,

Matthieu

Avez-vous aimé ce numéro ?

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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n° 23 - Besoin d'astuces ?10 février 2019

Hors Programme - Besoin d'astuces ? #23

Bonjour à tous,

Février, c'est le moment où jamais pour tenir les résolutions que nous nous sommes fixées. Pour nous, et/ou nos enfants. Faire un peu plus de ceci, un peu moins de cela. Pour s'y tenir, il faut faire preuve de volonté. Mais aussi de méthode et c'est là, souvent, que le bas blesse.

Donnez-nous des astuces !

Changer est difficile est requiert un peu d'astuce. Même chose en éducation surtout lorsqu'il s'agit d'acquérir des compétences. Lorsqu'un journaliste m'interroge ou que je participe à une conférence, la question des astuces revient immanquablement : il faut être concret, donner aux parents des conseils à appliquer à la maison.

Je comprends et partage ce besoin. Mais si l'on en revient à nos résolutions, que nous faut-il pour nous y tenir et nous améliorer en quelque chose ? Des astuces ou simplement prendre de bonnes habitudes ?

Nous savons tous que c'est une question d'habitude. Les astuces sont faciles à trouver, mais elles ne nous transforment pas. Les best sellers qui le rappellent sont légion.

Qu'il s'agisse de développement personnel ou d'éducation, ce sont les habitudes qui transforment. Qui forgent aussi ce que certains nomment l'habitus.

Une question d'habitude

Bien sûr, parler d'habitude est moins drôle que de parler d'astuces, mais ça change tout.

Exemple : il peut être utile de conseiller à son enfant de faire une pause toutes les 25’ entre ses devoirs pour être plus productif. Mais la productivité n'advient vraiment que lorsque cette manière de travailler devient un réflexe. La question dés lors est de savoir comment s'acquière cette habitude.

C'est ce qu'Angela Duckworth, grande prêtresse du grit et fondatrice de l'excellent Character Lab, rappelait dernièrement en parlant des habitudes salutaires.

Je suis convaincu que devenir parent est la meilleure manière d'entamer une démarche de développement personnel, de créer de nouvelles habitudes pour donner le bon exemple et grandir avec ses enfants. Dans ce contexte, il est crucial de comprendre le rôle que jouent les habitudes et de savoir prendre les bonnes. C'est difficile, mais ça change tout.

Excellent dimanche à tous,

Matthieu

Avez-vous aimé ce numéro ?

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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