FAM IA

Question 18

Les écrans nuisent-ils vraiment à sa santé ?

La recherche et les pédiatres répondent depuis des années, en termes de posologie plutôt que d’interdiction - durée, âge, moment de la journée. Ce qui manque n’est pas la connaissance, c’est qu’elle n’arrive jamais jusqu’à l’école, où les enseignants ne sont ni sensibilisés ni formés.

Ce qu’on fait concrètement

On rembobine - 14 avril 2019

Extrait de Hors Programme, ma newsletter hebdomadaire sur l’école et ce qui l’attend, écrite de 2017 à 2021 - n° 32, « 👩‍🏫 Ecole 1 👨‍⚕️Santé 0 ».

Il revient aux chercheurs et aux pédiatres également d’attirer l’attention des parents et des écoles sur les usages des écrans. Cette étude, réalisée sur le cerveau de 11 000 enfants pendant une décennie, vaut le détour. Si les recommandations le plus souvent s’adressent aux parents, il n’est pas inintéressant de constater que le Ministère de l’Éducation Nationale ne sensibilise ni ne forme les enseignants aux usages des écrans eux-mêmes, alors même que leur utilité ou leur nocivité réside dans une bonne posologie. Encore une fois, l’école ignore ce que la recherche et les médecins ailleurs prescrivent.

Avril 2019. L’écart entre ce que prescrit la médecine et ce que fait l’institution ne s’est pas comblé, il s’est reproduit à l’identique avec l’IA - déployée dans les classes avant toute recommandation. Le mot « posologie » reste le bon, et il reste à la charge des parents.

À lire, à voir

Aller plus loin

J’en parle dans ces newsletters - ce que la médecine dit et que l’école n’entend pas.

n° 32 - 👩‍🏫 Ecole 1 👨‍⚕️Santé 014 avril 2019

Hors Programme - 👩‍🏫 Ecole 1 👨‍⚕️Santé 0 #32

Bonjour à tous,

Je lis de plus en plus d'articles qui émanent d'associations de pédiatres, qui de temps à autres publient des études (notamment aux Etats-Unis) et font un certain nombre de recommandations.

Une chose me frappe : que ces recommandations souvent aillent à l'encontre de ce que font l'école ou les parents.

Pourquoi ces contradictions, et que disent-elles de la société dans laquelle nous vivons ?

La santé des enfants : hors-programme

🏃‍♂️ Mouvements / Dans son livre “Dehors les enfants”, Angela Hanscom, une psychométricienne installée aux Etats-unis, raconte l'histoire d'une petite fille qui souffre de troubles de l'équilibre. Elle lui recommande de faire un certain nombre d'exercices, y compris pendant les récréations, sur la balançoire. Lors d'une séance, la petite fille lui fait remarquer que ces exercices lui sont interdit par la maîtresse, qui les trouvent risqués. Ecole : 1 - Santé : 0

🕺Temps libre / Au-delà des exercices, c'est la capacité des enfants à jouer librement qui tout entière est menacée. Alors que les vertus du jeu libre sont unanimement reconnues, tant par les pédiatres, que dans le monde de l'entreprise d'ailleurs, on apprend que 30% des écoles maternelles américaines n'offrent plus de récréations aux enfants… Si on regarde ailleurs, et même du côté des parents, force est de reconnaître que le jeu libre requiert du temps libre et que ce dernier se fait rare. A tel point que ce temps libre, selon certains, devraient dés lors être prescrit !

🧠 Ecrans / Il revient aux chercheurs et aux pédiatres également d'attirer l'attention des parents et des écoles sur les usages des écrans. Cette étude, réalisée sur le cerveau de 11 000 enfants pendant une décennie vaut le détour. Si les recommandations le plus souvent s'adressent aux parents, il n'est pas inintéressant de constater que le Ministère de l'Education Nationale ne sensibilise ni ne forme les enseignants aux usages des écrans eux-mêmes, alors même que leur utilité ou leur nocivité réside dans une bonne posologie. Encore une fois, l'école ignore ce que la recherche et les médecins ailleurs prescrivent.

Que les médecins en viennent à prescrire du temps libre ou du mouvement est problématique. Je dirais même symptomatique. Cela amène logiquement des écoles, aux quatre coins du monde, à remettre la santé des enfants au coeur de leur projet pédagogique, et à se fixer l'objectif de développer ce que certains appellent “the whole child”, l'enfant dans son ensemble, pour qu'il s'épanouisse dans toutes ses dimensions, physiques et intellectuelles, sociales, émotionnelles et spirituelles.

Bon dimanche à tous.

Avez-vous aimé ce numéro ?

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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n° 10 - petite enfance : rapport d'étonnement21 octobre 2018

Hors Programme - petite enfance : rapport d'étonnement #10

Bonjour à tous,

Il n’est pas un jour ces temps-ci, où l’on ne lit pas des études alarmantes sur l’environnement. La dernière en date eu un certain retentissement. Mais ces études vont et viennent, et comme le soulignait cette semaine un article du Monde, elles provoquent des sursauts, pour rapidement somber dans l’oubli, jusqu’à la prochaine.

A l’école, nos enfants suivent le même régime. Leçons et bilans chiffrés, parfois choc des images, ateliers pratiques pour s’inscrire dans une société plus durable : on se contente de glisser à la surface des choses, et de faire sa part. A aucun moment les enfants n’ont l’opportunité de comprendre ce qui se joue vraiment, ni surtout pourquoi. Or ce « pourquoi » est à la fois l’origine du problème, et déjà sans doute le début de la solution.

C’est le sujet sur lequel je reviens dans cet extrait tiré de mon livre “Préparons nos enfants à demain”.

Extrait

Dans quelle ère géologique sommes-nous ?

J’avoue ne plus connaître réellement les différentes ères géologiques par lesquelles le monde est passé. À part le jurassique bien entendu, que je revisite aujourd’hui chaque soir avec les histoires de dinosaures. Des ères tertiaire et quaternaire, je ne connais que le nom. J’ignorais en revanche que nous étions entrés dans une nouvelle ère depuis quelques siècles. Son nom : l’anthropocène.

C’est, nous explique Christophe Bonneuil, directeur de recherches au CNRS, « une nouvelle époque géologique, marquée par le bouleversement des équilibres écologiques et climatiques ». La thèse sous-jacente au terme d’anthropocène est simple : « En deux siècles tout au plus, “nous” avons modifié la trajectoire du système Terre à l’échelle des temps géologiques. Ce que nous vivons n’est pas une simple crise environnementale mais une révolution géologique d’origine humaine. » Le terme invite donc à relire l’histoire de la modernité industrielle des XIXe et XXe siècles, à la lumière de ce que l’on sait aujourd’hui et en mettant l’accent sur les « choix historiquement situés (économiques, technologiques et politiques), (les) modèles de production et de consommation qui ont produit la crise contemporaine. »

Ce n’est sans doute pas un hasard si le débat en France sur ce terme fut repris et débattu par les intellectuels peu avant la COP 21. Sa portée est éminemment politique et elle nous concerne tous. C’est de l’aveu même du gouvernement d’alors un sujet crucial pour les générations de demain. Mais alors, pourquoi croisons-nous cette notion dans une conférence au Collège de France plutôt qu’au collège tout court ? Ces générations futures ne sont-elles pas précisément les principales concernées, à la fois par ce phénomène, mais aussi et surtout par ce devoir de relecture ?

En France, des enseignants commencent à répondre à cette question, de façon concrète et originale. Leur ambition : repenser leur pédagogie, en adoptant des approches interdisciplinaires. Dès le collège par exemple, des élèves sont accompagnés par leurs professeurs d’histoire-géographie, de SVT, d’anglais et de mathématique dans un exercice qui consiste à se projeter dans la ville de demain au travers d’ateliers pratiques. Critiques et portés sur l’action, ces projets montrent la voie. Pour autant, ils restent expérimentaux. Ils trahissent également une tendance du programme scolaire à solliciter les élèves pour penser et co-inventer demain. On préfère ainsi faire faire aux élèves de la prospective, au lieu de les amener à relire l’histoire de ces deux derniers siècles de façon critique. Une telle relecture aurait pourtant le mérite d’interroger les ressorts du développement de nos sociétés et d’aider ainsi à penser demain autrement.

Excellente soirée à tous,

Matthieu

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Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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