FAM IA

Question 09

Comment lui parler de l’avenir sans l’angoisser ?

Le partage d’un diagnostic sombre sans rien à faire de ses mains produit de l’angoisse, pas de la conscience. Ce qui rassure un enfant n’est pas que la situation soit bonne - il n’y croira pas - mais de voir que les adultes autour de lui agissent.

Ce qu’on fait concrètement

On rembobine - 3 mars 2019

Extrait de Hors Programme, ma newsletter hebdomadaire sur l’école et ce qui l’attend, écrite de 2017 à 2021 - n° 26, « Time to panic ».

Même si décrire le pire est utile, impossible pour nous de nous projeter. « Je sais que la science dit vrai, que la menace est globale. Et pourtant quand j’imagine ma vie dans 30 ans, et celle de ma fille dans 50 ans, je n’imagine pas un monde en feu, mais un monde similaire à celui d’aujourd’hui. Cela montre à quel point il est difficile de remettre en cause notre optimisme naturel. » […] Je pense que cette analyse change significativement lorsqu’on devient parents. Pour la simple raison que le calcul inclut nos enfants. C’est vraiment un point clé pour moi, qui explique peut-être pourquoi les parents sont plus sensibles encore à ces sujets que d’autres. Ils calculent mieux ou plus.

La question posée alors - faut-il décrire le pire pour faire agir ? - s’est déplacée sans se résoudre, du climat vers l’IA. Et le basculement que je notais tient toujours : devenir parent ne rend pas plus lucide sur l’avenir, ça rend incapable de le regarder comme une abstraction. C’est cette incapacité qu’il faut protéger chez lui, plutôt que la combler par des prévisions.

Aller plus loin

J’en parle dans ces newsletters - l’alarme, et ce qu’elle produit vraiment.

n° 26 - Time to panic3 mars 2019

Hors Programme - Time to panic #26

Bonjour à tous,

Vous me pardonnerez j'espère ce titre un rien alarmiste, mais c'est d'actualité, et comme vous le verrez, c'est pour votre bien !

Aujourd'hui je reviens sur deux articles découverts cette semaine, qui chacun expliquent pourquoi certains parents paniquent, et à quoi cela leur sert.

☠️ Le discours du pire

Magnifique illustration de Jules Julien

Impossible de ne pas parler cette semaine du nouvel article de David Wallace-Wells. Son précédent avait fait grand bruit, où il envisageait de façon minutieuse et terrifiante les conséquences de la crise climatique. J'y étais revenu dans mon livre. Son nouvel article porte sur les discours alarmistes au sujet du dérèglement climatique.

Pour commencer, il explique de façon assez convaincante pourquoi ces discours sont la meilleure manière d'anticiper ce qui peut arriver : à mi-chemin entre l'analyse scientifique et la science-fiction, ils décrivent de façon crédible quelque chose qui pour nous reste improbable.

Mais il y a un problème : même si décrire le pire est utile, impossible pour nous de nous projeter :

“Je sais que la science dit vrai, que la menace est globale. Je connais les conséquences de cette menace si les émissions ne sont pas réduites, qui seront terrifiantes. Et pourtant quand j'imagine ma vie dans 30 ans, et celle de ma fille dans 50 ans, je n'imagine pas un monde en feu, mais un monde similaire à celui d'aujourd'hui. Cela montre à quel point il est difficile de remettre en cause notre optimisme naturel. Nous vivons dans la délusion, incapables d'accepter et analyser le fait que la science nous annonce un menace profonde.”

Que faire dés lors pour dépasser cette délusion, si même les discours alarmistes n'y font rien ?

“Dans son livre "Le scénario du pire”, l'universitaire Cass Sunstein écrit qu'en général, nous avons des difficultés à considérer des risques potentiels mais improbables, qu'alors nous pêchons par excès d'optimisme ou plongeons dans la paranoïa. Pour éviter ces écueils, sa solution est pragmatique : nous devrions être bien plus rigoureux dans notre analyse coût-bénéfice.“

Je pense que cette analyse change significativement lorsqu'on devient parents. Pour la simple raison que le calcul inclut nos enfants. C'est vraiment un point clé pour moi, qui explique peut-être pourquoi les parents sont plus sensibles encore à ces sujets que d'autres. Ils calculent mieux ou plus. Ce qui m'amène au second article.

Les familles se préparent ! 🥫🥫🥫

Vous lisez sans doute comme moi de plus en plus d'articles sur le brexit. J'ai été surpris de voir que certains journalistes, pour évaluer l'état de panique de la population anglaise, prenaient comme indicateur les familles. “A l'intérieur de l'esprit des brexiters les plus paniqués” titre Quartz ces jours-ci, en s'intéressant à des discussions entre mamans sur un forum anglais.

Un “hard” brexit semble à beaucoup improbable ? Les familles elles, font un autre calcul (coût-bénéfice) fort différent. CQFD.

Je trouve intéressant que peu à peu l'image du Prepper change. Passant subrepticement de la figure du mâle blanc américain, fanatique et obnubilé par les armes à celle de la mère de famille d'une banlieue anglaise qui stocke des couches. Signe des temps ?

Vous voyez, au-delà du titre, il n'y avait aucune raison d'avoir peur. Enfin, tout dépend comment vous calculez 😥😙.

Excellente semaine à tous,

Matthieu

Avez-vous aimé ce numéro ?

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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n° 47 - Agents de changement ✊24 novembre 2019

Hors Programme - Agents de changement ✊ - Numéro #47

Bonjour à tous,

Cette semaine avait lieu les Journées nationales des femmes élues , où nous étions invités à présenter nos travaux sur les cours vertes.

Au programme, beaucoup d'échanges avec des élues de villes, de métropoles, de communautés de communes, parfois de départements et de régions. J'ai entendu souvent le même constat, sur lequel je reviens aujourd'hui.

Le changement, c'est maintenant !

Les parents : agents de changement ✊

Leur constat est simple : si elles sont convaincues de l'importance de la nature dans l'éducation des enfants, et de la nécessité de réaménager la ville en conséquence, elles se heurtent à des obstacles autour d'elles. Parfois à d'autres élus, mais également à des parents, qui attendent que l'espace répondent à leurs besoins (sécurité, propreté, etc.), et non à ceux des enfants.

Un exemple entendu parmi plusieurs autres, que je n'aurais pas pu inventer : une école qui déménage d'un parc, pour s'établir à côté d'un parking (plus commode pour les parents). L'idée n'est pas de jeter la pierre à qui que ce soit, mais de constater qu'au travers de ces histoires, le rôle des parents paraît crucial. Pour bloquer des changements, ou au contraire les provoquer.

Exemple d'une cours verte à Bruxelles

Mon message aujourd'hui est de rappeler qu'il appartient à nous parents de faire bouger les lignes au sein des collectivités : sollicitons et s'il le faut bousculons les élus sur les sujets qui nous importent, et soutenons ceux qui oeuvrent à rendre les villes et des écoles plus vertes. Tout indique qu'ils en ont plus que jamais besoin. Et souvenons-nous que l'enfance - on le constate aux quatre coins du monde - est politique.

Bon dimanche à tous,

Matthieu

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Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

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